La motricité libre

ou comment développer la motricité générale de son bébé

quizz sur la motricité libre

Aujourd’hui, on entend de plus en plus parler de la motricité libre, même si c’est une théorie qui existe depuis longtemps déjà (en effet, elle a été développée par le docteur Emmi Pickler en Hongrie dans les années 1960). Et pour cause, son succès s’explique dans le fait qu’elle place l’enfant acteur, un acteur compétent et qui acquiert seul son autonomie. Mais pratiquez-vous réellement la motricité libre au quotidien. Je vous invite à faire ce petit quizz pour le savoir !

En effet, je n’ai pas la prétention de réécrire un énième article très fouillé sur le sujet, car il en existe déjà de très bons et très complets (cf ma sélection à la fin de cet article). En revanche, je sais qu’en tant que parent on peut être un peu perdu parfois avec cette théorie, et surtout on peut se poser un nombre incalculable de questions. Je trouvais donc intéressant de découvrir ce concept à travers des mises en situation très concrètes.

 

Alors c’est parti pour un petit Quizz !

 

Votre bébé se tortille sur son tapis et se démène pour attraper un jouet près de lui

  1. Vous le laissez faire et ne l’aidez pas
  2. Vous prenez le jouet et le lui donnez
  3. Vous poussez un petit peu l’objet pour qu’il arrive plus facilement à l’attraper

S’il est clair que la réponse b. va totalement à l’encontre de la motricité libre (enfin lorsqu’on connaît un minimum le concept), il est vrai qu’on peut être vite tenté de donner un coup de pouce à la prunelle-de-nos-yeux tant on trouve cela insupportable de le voir en difficulté. Pourtant, si l’on veut vraiment suivre à la lettre la motricité libre, c’est la réponse a. qu’il fallait répondre ! En effet, votre baby a besoin de s’exercer seul à attraper un objet, cela le muscle et muscle aussi sa confiance en lui lorsqu’il parvient enfin à attraper seul le jouet tant désiré. Et si piou piou s’énerve et se met à pleurer devant son échec, essayez d’attirer son attention sur un autre objet plus près. Ou prenez le tout simplement dans vos bras en le rassurant et en le félicitant de tous les efforts qu’il a faits !

 

Votre bébé, qui commence à marcher, vient de trébucher et se retrouve au sol

  1. En fait il n’a pas le temps de tomber car vous êtes toujours près de lui et le rattrapez juste à temps
  2. Vous le relevez rapidement pour qu’il reprenne sa marche
  3. Vous l’encourager à se relever par vos mots, vos sourires et vos gestes

Même si on a envie de se précipiter quand notre amour en sucre se retrouve étendu sur le sol de tout son long, il est plutôt conseillé de le laisser se débrouiller et se relever tout seul. (A part s’il s’est fait trop mal bien entendu !). En effet, même si on peut craindre les chutes, il faut savoir que si l’enfant se débrouille seul, il apprend justement plus facilement à tomber sans se faire mal. Mais surtout, il gagne une grande confiance en lui et n’hésitera pas à tenter de nouvelles choses, à se lancer de nouveaux défis (allez aujourd’hui je vise la table basse !). Alors que si vous le rattrapez toujours avant qu’il ne tombe ou le relevez prestement, il sentira qu’il ne peut se débrouiller tout seul et aura certainement plus de craintes à tenter de nouvelles expériences et à explorer seul.

 

Votre bébé tente de descendre seul une marche alors qu’il ne l’a jamais fait avant

  1. Vous lui demander d’arrêter tout de suite car il risque de tomber
  2. Vous le prenez dans les bras et l’éloignez du danger
  3. Vous venez près de lui et vous tenez prêt à réagir à tout moment pour éviter une chute

Dans la motricité libre, l’idée est de laisser l’enfant seul maitre à bord, et ce dans toutes les situations ou presque (s’il est en train de se pencher par dessus le balcon, on intervient quand même !). Mais s’il a décidé qu’il voulait escalader le petit muret du jardin seul, il faut le laisser faire et découvrir seul ses propres capacités (et limites!). Rien ne vous empêche en revanche de venir tout près de lui (c’est même recommandé, notamment si c’est une de ses premières tentatives) et de l’encourager par la parole. C’est vrai que c’est difficile pour un parent de voir son enfant se mettre en danger sans intervenir, on se dit souvent « mais il est trop petit pour cela » (certainement parce qu’on n’a pas toujours envie de le voir grandir non plus 😉 ). Pourtant, parfois, voire souvent, on sous-estime nos mini-pouces. Et c’est vrai que pour certains parents c’est une vraie souffrance de les laisser faire. Rien ne vous empêche de leur dire que vous avez peur qu’il se fasse mal et que c’est pour cela que vous venez près de lui. En revanche, répéter à votre enfant qu’il doit arrêter parce qu’il VA tomber, ou alors l’empêcher tout simplement d’essayer en coupant court à l’expérience et en le prenant dans vos bras, n’aidera pas à construire sa confiance en lui car il se dira qu’il n’est pas capable. Vous trouverez sur le site de bougribrouillon une super illustration très parlante sur ce sujet.

 

Votre bébé semble en avoir marre de la position allongée sur le dos ou le ventre

  1. Vous le calez bien confortablement assis entre des coussins pour éviter qu’il ne se fasse mal en cas de déséquilibre
  2. Vous l’asseyez entre vos jambes
  3. Vous le prenez dans les bras ou pratiquez le portage en écharpe

Un des principes fondamentaux de la théorie de la motricité libre est de ne pas mettre le bébé dans une position qu’il n’a pas encore apprise à maitriser seul. Donc typiquement, le mettre en position assise alors qu’il ne sait pas le faire seul ne risque pas de l’aider car son dos n’est pas encore assez musclé pour bien tenir dans cette position, il manque donc d’équilibre et risque à  tout moment de tomber d’un côté, et c’est donc finalement le mettre en position d’échec. Après, cela ne veut pas dire qu’il faut absolument le laisser allongé sur le dos ou le ventre toute la journée ! Vous pouvez bien entendu le prendre dans vos bras ou pratiquer le portage en écharpe si vous avez besoin de vos bras pour vous affairez à d’autres choses. Mais bon quand vous avez vraiment besoin de le poser (et ça arrive quand même dans une journée !) vous pouvez tout de même le poser dans le ô combien diabolisé transat (dans la mesure où vous ne le laisser pas toute la journée dedans, et que cela reste occasionnel c’est autorisé ! et pas la peine de culpabiliser parce que vous l’avez laissé 20 minutes le temps de préparer la popotte). Quant à la position assise entre vos jambes, cela n’est peut-être pas forcément à bannir, comme l’explique l’article du blog How I play with my mome. En effet, dans la mesure où vos bras protecteurs l’aident à garder son équilibre, cela lui permet de découvrir l’intérêt de cette position et peut-être lui donner envie d’apprendre à la maîtriser !

 

Votre bébé est en plein apprentissage de la marche

  1. Vous aimez l’observer dans ses tentatives et vous l’encouragez par la parole
  2. Vous aimez le faire marcher en le tenant par les bras pour qu’il s’entraine
  3. Vous investissez dans un trotteur ainsi vous ne vous cassez pas le dos et il peut s’entrainer à son gré

Comme pour la position assise, faire marcher votre bébé en le tenant par les bras revient à le mettre dans une position qu’il ne maitrise pas seul. Et ainsi il se dit qu’il ne sera pas capable de marcher seul sans l’aide d’un adulte. Aussi c’est clairement la réponse a. qu’il fallait répondre si vous voulez pratiquer la motricité libre. En le laissant faire seul des tentatives, il y a de grandes chances qu’il se sente plus à l’aise le jour où il marchera, et donc tombera moins souvent car il aura pris le temps d’appréhender seul son sens de l’équilibre. L’acquisition de la marche pourra peut-être prendre plus de temps, car il l’aura fait à son rythme, en revanche là encore il aura développé une grande confiance en lui et en ses capacités.

 

Comment faite-vous jouer votre bébé ?

  1. Vous le mettez dans son parc et y mettez tout un tas de hochets, peluches, balles, instruments
  2. Vous l’allonger sur le dos sur un tapis à même le sol en y plaçant quelques jouets de ça de là et restez près de lui
  3. Vous l’allonger sur le dos sur un tapis à même le sol en y plaçant quelques jouets de ça de là et en profitez pour vaquer à vos occupations

Si le parc possède un côté très rassurant puisqu’il offre un espace sécurisé à votre loulou, il n’en reste pas moins qu’il limite le champ des possibles pour votre mini-pouce. Il est préférable plutôt de lui créer un petit espace, un petit coin douillet sans barrière, où il pourra évoluer librement. Vous pouvez toutefois délimiter cet espace grâce à un tapis et éventuellement grâce à un petit meuble, et bien entendu vous assurer que dans le reste de la pièce aucun objet dangereux n’est à la portée de votre loulou. Maria Montessori a d’ailleurs travaillé sur « l’ambiance » à créer pour les tout-petits, elle a appelé cela le nido. Le nido est un espace qui a été pensé et conçu pour que bébé soit libre de ses mouvements et puisse découvrir le monde qui l’entoure seul. Ensuite, pour ce qui est de la question des jouets, bien entendu ils sont nécessaires pour attirer l’attention et la curiosité de votre baby, pour qu’il exerce sa motricité fine et pour le pousser à se mouvoir justement. En revanche, il n’est pas recommandé de lui en proposer trop d’un coup car il risque de ne plus trop savoir où donner de la tête et de finalement perdre l’envie de jouer avec. De plus, en procédant à un roulement des jouets, cela lui permettra de découvrir tous les jours de nouveaux jouets ! Enfin, concernant votre présence ou non, c’est vrai qu’on peut vite être tenté de le laisser seul sur son tapis à la découverte du monde, vu qu’on doit le laisser faire seul justement. Toutefois, la présence d’un adulte pas trop loin est importante, un adulte qui l’observe et sait aussi réagir notamment quand il voit par exemple que le bout’chou commence à s’ennuyer un peu, il peut relancer son intérêt en lui proposant d’autres jouets, ou en lui chantant une chanson. Et puis les paroles encourageantes d’un parents (ou adulte d’ailleurs) permettra de motiver d’autant plus le petit baroudeur en herbe à se mouvoir et explorer. Bien entendu, vous pouvez courir répondre au téléphone et y rester 5 minutes, là encore tout est question de mesure si cela ne dure pas trop longtemps et que vous alternez avec des moments près de lui à lui parler, l’encourager !

 

Pendant les soins, comme le changement de couche ou l’habillage :

  1. Vous lui décrivez tout ce que vous faites et lui demandez de participer en tendant un bras ou une jambe
  2. Vous êtes devenu un(e) expert(e) en la matière, en moins de 2 minutes c’est plié
  3. Vous l’habillez en en profitant pour lui faire des papouilles

Les moments de soins sont des moments très importants dans l’éveil de votre mini-pouce. En effet, ce sont des moments où il va prendre conscience de son corps. Aussi est-ce primordial de lui parler tout le temps, de décrire tout ce que vous faites, et de ne pas le traiter comme un paquet que vous emballer et déballez. C’est comme ça notamment qu’il apprendra à nommer chaque partie de son corps. Il est recommandé également d’utiliser certains de ses gestes spontanés pour lui enfiler ses habits, afin qu’il se sente acteur et qu’il sente qu’il y a une véritable coopération entre vous. Et lorsqu’il est un peu plus grand, c’est le moment de lui demander de participer activement à ces soins : tendre un bras, lever une jambe, tourner sa tête. C’est comme cela qu’il prendra confiance en lui et se sentira exister en tant qu’être à part entière. Et tous ces mouvements utilisés pendant les soins, il va ensuite les travailler, et apprendre à les maitriser seul lors de ses moments de jeux sur le tapis. Après, bien entendu, rien ne vous empêche de lui faire des papouilles et des bisous, c’est aussi et avant tout un moment privilégié entre vous !

 

Si vous voulez en savoir plus sur la motricité libre, voici quelques articles très intéressants et très complets :

Les pros de la petite enfance : la motricité libre qu’est-ce que c’est ?

Les pros de la petite enfance : libérez les bébés

How I play with my mom : le vrai-faux de la motricité libre

Bougribouillons : la motricité libre en image

Et voici un livre incontournable (mais assez technique et plutôt destiné à des pro de la petite enfance  à la base) : Loczy ou le maternage insolite aux Editions Eres

 

Alors au final ? Pratiquez-vous vraiment la motricité libre au quotidien ? Ca donne quoi les résultats du test ?